XIII

Prétendre qu’il avait dormi aurait été exagéré. Le feu s’était éteint deux fois et le froid l’avait contraint à le rallumer. Évidemment, il en avait profité pour contempler cette cybione superbe, à demi allongée contre son rocher, la nudité souillée des blessures vivantes que sa machine organique scellait à vue d’œil, immobile et insensible à la baisse de température. Dans ces moments de béatitude admirative, il s’était dit que les particularités d’Elyia offraient tout de même des avantages pratiques. Entre-temps, il avait ressassé le personnage au travers de sa mission et de la situation de Cheur dans son activité. Rien de cet aspect d’elle ne pouvait le réjouir, d’où qu’il l’observe, qu’importe son analyse, il aboutissait à la conclusion qu’il était un tout petit pion, ignorant et négligeable.

Deen avait fini par précéder l’aube de si peu qu’il s’était mis en quête de nourriture, ingurgitant et ramenant à Elyia plusieurs poignées de baies bleues et rouges qu’elle avait refusées. Après, maladroit et gêné, il l’avait aidée à se vêtir et à se lever. L’opération n’avait pas été si facile qu’elle l’avait annoncé. Sa jambe gauche était incapable de la porter et ses entrailles fourmillantes de régénérescence perturbaient dangereusement son équilibre. Au moment où Deen allait lui proposer d’appeler Dobber Flak, son com s’alluma et bipa.

— Dob ? demanda-t-il.

— Vali. Bon sang, Deen ! Qu’est-ce que tu fous ? On te cherche partout.

L’épaule sous son aisselle gauche, le bras autour de sa taille, Deen soutenait Elyia, le com dans l’autre main.

— Je m’offre un bain de nature, répondit-il à Vali.

D’un doigt sur ses lèvres, il exigea le silence d’Elyia puis il lui désigna son com et lui montra le sable. Elyia fouilla dans ses lambeaux de vêtements, en tira son propre com et le jeta trois mètres devant elle. Deen interrompit la communication avec Invest le temps de détruire l’appareil d’Elyia d’un faisceau de son arme de poing. Il n’eut pas besoin de rallumer le sien. Vali s’en chargea depuis Vazel.

— Je te dérange ou quoi ? s’esclaffa-t-elle. T’es peut-être au pieu avec Miss Agrégat ?

Deen rougit, mais il ne gaffa pas.

— Elyia Nahm est morte, dit-il. Passe-moi Dob.

— Si Dob avait pu t’appeler lui-même, il l’aurait fait, inspecteur Chad ! Figure-toi qu’il y a du nouveau ici. Le directeur de la Police d’État est arrivé comme une furie chez Dob et ils se sont enfermés dans le bureau. Faut que tu te pointes, solo, et en vitesse.

Deen n’eut pas besoin de réfléchir :

— Je serai au bercail dans une heure, une heure et demie. Rien d’autre ?

— Pas que je sache.

— Alors ciao, Vali.

Deen ferma le com et jura.

— C’est elle, la taupe ? interpréta Elyia.

Il égrena un long chapelet d’injures avant de répondre.

— J’ai demandé à Dob de nous refiler un canal protégé, expliqua-t-il. Seuls lui, toi et moi pouvons en user. Ce n’est pas infaillible… la preuve : il ne lui a fallu que la nuit pour le définir et le déplomber. Vali… Bordel ! Si je m’attendais à ça…

— Responsable du département Communication, c’est logique, Deen. Elle est la mieux placée pour tout savoir et prévenir qui de droit. Quand ils ne t’ont pas trouvé hier soir, nos chasseurs ont dû l’appeler. Elle a essayé de localiser ton com et s’est aperçue que Dob l’avait décalé. À l’heure actuelle, nous pouvons estimer que quatre tueurs fouillent la forêt et que Milé Dak leur envoie des renforts en agrave… (Même affaiblie, Elyia raisonnait vite.) Ils croient que je suis out, nous allons les piéger. Le tout est de les prendre de vitesse avant que les secours ne débaroulent.

— D’accord, j’y vais.

— Non. Il faut que nous y allions ensemble… Trois spéciaux, tu t’en sortirais peut-être. Mais le Lémain chausse dix tailles au-dessus.

Toute cybione qu’elle était, Deen lui aurait bien retourné son mépris en pleine figure. Il se contenta d’un peu de bon sens :

— Avec ta guibolle en coton ? Tu plaisantes ?

L’argument ne la laissa pas insensible, elle se verrouilla à double tour et le foudroya de ses deux émeraudes incendiaires. En guise de protection, Deen sourit de toutes ses dents et la reposa délicatement contre son caillou. Cinq secondes après, il avait disparu dans le sous-bois.

Une minute plus tard, il était installé à plat ventre sur le rocher qui surplombait la plage. Une intuition le travaillait. Elle était justifiée.

En bas, Elyia venait d’achever une attelle de branches qu’elle fixa solidement à sa jambe blessée par des bandes de tissu déchirées dans ce qui lui restait de sarouel, et elle se relevait, prenant appui sur un bâton à moitié noirci qu’elle avait tiré des vestiges du feu. Sur terrain dur, Deen lui aurait accordé une chance, mais dans le sable…

Tout de même, robot de chair ou intellection de plastique, cet androïde pieds nus, en petite culotte-lambeaux de chemisier blancs ensanglantés, valait largement une passion mécanophile, non ?

Deen ne la laissa tomber qu’une fois avant de redescendre de son promontoire : Tu es une foutue emmerdeuse de tête de mule ! (Il la releva.) Et je me demande bien pourquoi je prends le risque de céder à ton obstination crâneuse !

— Chaque absurdité a un nom, pontifia-t-elle. Miss Agrégat, hein ?…

***

Avancer doucement, presque au rythme d’une promenade, avec un bras autour de la taille d’Elyia, était carrément irréel et Deen, malgré ses efforts, ne parvenait pas à se concentrer sur les bruits de la forêt. Ils marchaient le plus près possible du lac. C’était l’attitude logique que leurs ennemis devaient adopter pour retrouver l’inspecteur Chad.

Surpassant son vertige de flirt pastoral, Deen rapprocha la remarque d’Elyia des meurtres perpétrés par le Lémain et se demanda dans quelle mesure il était à la hauteur. Pourtant la réponse, il la connaissait et elle ne provenait pas du quadruple assassinat dans l’appartement d’Hherkron. Elle s’appelait Axid.

Axid n’avait pas eu le temps de sortir son arme. Dans son holster, celle de Deen Chad ne ferait pas mieux et, si rapide que pouvait être Elyia, son laser ballant dans son chemisier noué et son état physique la ralentiraient de manière fatale… Le grigri de Dob, même un peu trop visible à son bras mi-nu, devait impérativement servir à abattre le Lémain. De toute façon, ce duel était la conclusion logique de cette guerre personnelle. Un gage que Deen se devait à lui-même.

— Tu penses comme moi ? s’enquit Elyia.

— Euh… contourna-t-il.

— Quelque chose cloche. Plusieurs choses en fait… Le silence de Dob, d’abord. Réfléchis : il connaît tes actes et le danger qu’ils représentent, les heures passent et il ne te contacte pas. Ici ensuite : les chasseurs peuvent supposer que je suis morte, d’accord. Mais ils tiennent pour certain que tu t’en es tiré. Ils ont un com, ils appellent Milé Dak et celui-ci contacte Vali. Bien. Mais soit tu n’es plus au lac, soit tu te terres quelque part autour… (Elle secouait la tête de droite à gauche.) Explique-moi pourquoi ils attendraient ta localisation depuis le Central de Vali pour expédier un agrave. De nuit, les détecteurs thermiques sont encore plus efficaces que de jours, ils auraient eu leur certitude en quatre heures.

— Il s’est produit un événement qui les a perturbés, coincés ou ralentis.

Elle l’embrassa sur la joue.

— Exactement ! jubila-t-elle. Un événement programmé. C’est même à cause de lui qu’ils ont agi hier pour nous mettre sur la touche !

Cela se tenait.

— Et Dob ?

— Dobber Flak… J’avais déjà remarqué qu’il se comportait comme si certains éléments de ma mission lui étaient connus. Comme s’il savait contre qui nous luttions et avec quels moyens… (Elle faisait allusion à Ender.) Il est possible qu’il soit davantage vieux renard que vieux cochon. Mais de quel côté est-il ? S’il était contre nous, nous serions morts depuis longtemps. S’il était avec, il t’aurait appelé. Il serait même intervenu hier. Alors quoi ?

Deen ne l’écoutait plus. Il rapprochait les légendes sur le Dieu Flak, la disparition de ses solos dans des affaires impliquant la Police d’État, les gadgets à profusion et sa guerre décennale contre Milé Dak.

— L’unique représentant d’un troisième ou quatrième clan, avança-t-il. Un vieux fou solitaire qui poursuit une obsession. Il devait être au courant de ce que Milé Dak attendait pour cette nuit…

Elyia lui fit signe de se taire, mais le bruit qu’elle avait entendu avait été trop proche pour que ce ne soit pas déjà trop tard.

***

— Pas un geste ! ordonna une voix derrière eux.

Ils s’immobilisèrent. Devant, deux hommes sortaient des fourrés, les armes bien en main pointées sur eux.

— Alors vous vous en êtes sortie ? reprit la voix en les contournant. Vous êtes impressionnante, mademoiselle Nahm…

Quand il les dépassa, ils constatèrent que ce n’était pas le Lémain. Elyia en fut rassurée. Deen s’en inquiéta, il aurait préféré être certain que le tueur ne se cachait pas dans son dos.

— Vous n’êtes pas trop mal foutue, d’ailleurs, continuait le chasseur. Si j’avais un peu de temps… Mais nous ne sommes pas là pour batifoler, n’est-ce pas ?

Il était le seul à ne pas les braquer et le seul à posséder plus qu’un laser. Il portait négligemment un fusil sur le bras. Une arme de très grosse puissance.

— J’ai des ordres précis vous concernant, ricana-t-il en relevant le museau du fusil.

Deen était prêt. En même temps qu’il dégageait le bras enserrant Elyia pour faire jaillir le grigri, il plongeait la main dans son holster. C’était désespéré, mais il lui semblait n’avoir pas d’autre choix.

Aucun de ses gestes ne fut achevé. Pourtant, les crânes des trois chasseurs explosèrent dans le même dixième de seconde, impeccablement. Quelque tour de cybione venait de les aligner dans la même ultime parabole, celle d’un petit laser presque transparent qu’une main très fine avait fait cracher, trois fois, d’un seul mouvement.

— Putain ! salua Deen.

— Je préférais mademoiselle ! répliqua froidement Elyia, replaçant le laser contre ses côtes. Ramasse le fusil, on s’en va.

Elle s’appuyait sur sa canne improvisée. Deen s’écarta d’elle, récupéra le fusil et fouilla l’un des cadavres.

— Qu’est-ce que tu fais ? s’impatienta-t-elle.

— J’embarque les id-procs. Ils nous apprendront peut-être quelque chose.

— Alors, dépêche-toi ! Il ne doit pas nous rester beaucoup de temps avant que les renforts ne se pointent.

***

Ils n’allèrent pas bien loin. Elyia les fit stopper devant une crique bordée d’une petite plage.

— Là, annonça-t-elle.

— Là, quoi ? s’étonna Deen.

— Ils vont se poser là. (Elle soupira devant son air incrédule.) Ils vont d’abord faire un passage rapide au-dessus de la forêt, juste de quoi repérer nos trois macchabées. Ensuite, après avoir vérifié que nous ne sommes pas dans les environs, ils chercheront un coin pour atterrir. Le terrain praticable le plus proche des cadavres est cette plage. Compris ?

Le raisonnement était irréprochable, mais Deen ne saisissait pas où elle voulait en venir.

— Les détecteurs nous trouveront aussi facilement que les morts, objecta-t-il.

— Non, parce que l’absence de réponse sur le com les inquiétera suffisamment pour que leur premier passage revête un caractère d’urgence, interdisant aux thermographes de nous localiser dans l’eau.

— Dans l’eau ? (Deen était consterné.) Bon sang, Elyia ! D’une part tu oublies que je n’ai pas d’ouïes et d’autre part nous avons un fusil qui…

— Si tu fais péter le générateur de cet agrave, gros malin, comment allons-nous rentrer ?

Elle tourna brusquement la tête à droite, vers le ponton invisible et la route au-delà.

— Ils approchent, Deen Chad. Je crains que tu n’aies pas le choix.

— Mais…

— N’oublie pas d’expirer doucement, les bulles se voient en surface.

Il la suivit dans l’eau poussé par un réflexe de soumission complètement abject et, très vite, elle l’entraîna au fond, le contraignant à s’allonger dans la vase par deux mètres d’eau et s’étendant sur lui pour qu’il ne remonte pas. Après vingt secondes sous sa musculature trop dense, il dut résister à l’envie de se débattre, de recracher d’un souffle tout l’air qu’il avait dans les poumons et de se ruer à la surface. L’idée d’être mitraillé au sonic modéra considérablement la panique qui l’envahissait. Puis il remarqua qu’Elyia essayait de lui faire comprendre quelque chose.

De deux doigts, elle désignait son nez d’où partaient deux filets de microbulles et, de l’autre main, elle pressait sur sa poitrine. Au bord de l’explosion suicidaire, Deen obtempéra, laissant s’échapper doucement l’étau de gaz que ses poumons avaient fabriqué. Juste avant qu’il ne se sente mourir – il avait renoncé à résister –, elle l’embrassa à pleine bouche.

Elyia n’avait pas une très grande expérience du transfert d’oxygène entre ses branchies et son larynx, celui-là pénétrant directement ses poumons par des conduits à part. Mais elle l’avait déjà effectué, en de rares occasions similaires. Tout le problème tenait de la complexité de son double système respiratoire : ses branchies et ses poumons étant deux organes à l’usage identique, ils fonctionnaient en redondance sans pouvoir s’interrompre tout à fait – l’un traitant l’eau, l’autre l’air et tous deux alimentant le sang en oxygène. Ils étaient reliés par un circuit complexe qui permettait, d’une part, de fournir les poumons en oxygène gazeux pendant l’immersion et, d’autre part, de transférer de la vapeur d’eau vers ses branchies dans l’air, afin que les deux organes ne s’altèrent jamais. Pour exhaler un mélange viable d’oxygène et de dioxyde de carbone, elle devait court-circuiter consciemment une partie des ions oxygène que ses branchies distillaient vers les poumons. L’opération nécessitait une concentration et un contrôle parfaits sur sa physiologie.

Alors, quand Deen lui glissa sa langue dans la bouche, elle faillit le laisser se noyer. La première goulée qu’elle lui insuffla fut d’ailleurs fortement carbonique, mais il tempéra très vite sa fougue libidineuse et l’opération se répéta une vingtaine de fois dans de meilleures conditions.

Au bout de dix minutes, une ombre énorme les survola et une onde troubla la surface au-dessus d’eux. Elyia attendit le temps d’un avant-dernier bouche-à-bouche et, par gestes, ordonna à Deen de ne pas bouger.

Serpentant sur le fond, elle s’approcha jusqu’au bord, le crâne à fleur d’eau, et jeta un œil vers la plage, juste assez rapide pour apercevoir trois hommes en armes s’éloigner de l’agrave, tandis qu’un quatrième s’installait sur le sable pour monter la garde.

Elyia replongea, offrit son dernier baiser gazeux à Deen et lui indiqua de rejoindre le bord droit de la plage, de compter jusqu’à dix et d’émerger. Elle-même fila comme une torpille vers la plage, directement sur l’agrave, et parvint aux pieds du garde solitaire qui s’était approché de l’eau.

Sans se relever, Elyia lui faucha les deux jambes et le tira dans le lac, crâne vers le fond, si vite qu’il chercha immédiatement à aspirer l’air que la vase ne risquait pas de lui fournir. Dans sa panique, il lui offrit une carotide qu’elle s’empressa de frapper, juste une fois, avant de le remonter sur le bord, inconscient. Deen émergeait à peine.

Une fois là, elle n’avait plus besoin de lui faire de dessin. Il se précipita dans l’agrave, s’assura que personne ne les y attendait, revint la chercher, la chargea sur une épaule et la déposa dans l’appareil, sur le siège de pilotage.

Le générateur n’avait même pas été coupé, Elyia décolla instantanément, effectua une manœuvre que l’agrave n’avait jamais dû supporter avant elle, s’arrachant du sol à pleine puissance vers l’arrière en se cambrant pour raser le lac, sur le dos.

— Bordel de merde ! hurla Deen, plaqué sous le plafond. J’ai pas eu le temps de me sangler !

Elyia éclata de rire et redressa l’appareil, un rien sèchement, un rien sur l’aile, comme une crêpe.

— Et comme ça ? Ça va mieux ?

Deen avait la tête dans les sièges arrière. Le tissu étouffa ses jurons.

***

Ils se précipitaient vers Vazel au maximum des capacités de l’agrave. Deen avait retrouvé un semblant de dignité et Elyia s’efforçait de se détendre pour oublier ce que son corps achevait de lui imposer.

— Nous avions l’agrave, ils étaient coincés. Nous aurions pu…

— Quoi ? Les descendre ? Tu ne veux pas me faire croire que des P.E. se seraient rendus, Deen, n’est-ce pas ?

Deen insista :

— On aurait peut-être pu en avoir un vivant.

— Si j’avais cru ça une seconde, j’aurais tenté le coup… On ferme le sujet, d’accord ?

— D’accord… N’empêche que tu en avais déjà assommé un et que tu as laissé trois types avec des coms derrière nous.

Il voulait une explication, il l’exigeait même très fort, parce que quelque chose lui échappait. Elle la lui servit :

— J’ai une règle, inspecteur Chad ; je tue par nécessité. Essaie de me tirer dessus et tu es mort. Je t’achèverais même sans trembler si tu étais en train de crever, les tripes à l’air. Mais compte pas sur moi pour te flinguer sur la seule foi de ta connerie.

L’insulte personnelle frôla Deen mais ne l’atteignit pas. Il risqua une déduction : Euh… c’est comme un blocage info ? Un… un commandement originel ?

— Si ça t’arrange !… (Il y avait une manière très simple de mettre un terme à la discussion :) Tu devrais appeler Dob, maintenant.

Deen s’escrima vainement plusieurs minutes sur son com, avant qu’Elyia lui conseille d’utiliser celui de l’agrave et les canaux publics de communication. Quand, enfin, il obtint Invest, on ne lui passa pas Dobber Flak mais l’Acheteur Ravieri.

— Qu’est-ce qui se passe ? se plaignit Deen. Mon com ne fonctionne plus. Je poireaute cinq minutes avant que le standard ne me prenne et quand je demande Dob, c’est vous qui répondez !

Ravieri était quelqu’un de méthodique, il répondit dans l’ordre à chaque récrimination :

— Tout le département Com est en panne, Vali s’est fait la malle avec les codes, le standard est surchargé d’appels, Dob est introuvable.

Deen respira deux fois, longuement. Il n’avait pas besoin d’explications, juste de vérifications :

— Depuis quand Dob a-t-il disparu ?

— Disparu ? nota Ravieri. Apparemment depuis hier soir, sa secrétaire l’a vu quitter son bureau vers 19 heures. J’ai appelé chez lui, ça ne répond pas… Disparu ? Que sous-entendez-vous, Deen ?

— Qu’il a des ennuis. Depuis quand Vali…

— Une demi-heure. Quel genre d’ennuis ?

Ravieri n’était pas seulement méthodique, il savait réagir vite et avec beaucoup d’à-propos.

— Je l’ignore… Mais c’est en rapport avec le dossier Hherkron/Axid. Dénichez Vali et faites-la arrêter, en urgence ! (Deen accéléra son débit :) Écoutez, Ravieri, je suis dans le bureau de Dob d’ici dix à douze minutes, attendez-y-moi. Je vous expliquerai dans quel merdier nous sommes. N’alertez personne et empêchez quiconque d’entrer chez Dob.

Il interrompit brutalement la communication et se tourna vers Elyia :

— Vu que ce matin encore ils ne tenaient pas à me descendre sans m’interroger, Dob doit être vivant, muet et entre leurs mains. Si, dans ton chapeau, tu as encore un lapin ou deux pour nous sortir de cette impasse, c’est le moment ou jamais de me montrer un nouveau tour !…

Il y avait une chose qu’Elyia reconnaissait à Deen : acculé, il pensait avec une certaine perspicacité. Mais jusqu’où était-il capable de conserver son sang-froid ?

— J’ai un lapin, lança-t-elle. Un gentil lapin, d’ailleurs. Il s’appelle Gass Sevni…

Cybione
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